BPCO et hiver : aggravation des symptômes

30 octobre 2012 9 h 27 min0 commentsViews: 35

Il est classique d’observer plus fréquemment des aggravations chez les patients souffrant de bronchopathie chronique obstructives (BPCO) en période hivernale. Toutefois, l’influence de la saison sur la sévérité de la décompensation n’est pas établie. Une équipe anglaise s’est ainsi posé la question d’un surcroît de gravité des exacerbations de BPCO survenant en hiver. Elle a noté que 8,4 % des exacerbations survenant l’hiver ont entraîné une hospitalisation. Les auteurs proposent d’élaborer des plans pour augmenter les capacités d’accueil au niveau hospitalier pendant l’hiver.

Entre novembre 1995 et novembre 2009, une cohorte londonienne de malades souffrant de BPCO a été étudiée. Ce groupe de 307 patients est composé de 196 hommes, l’âge moyen est de 68,1 ans et le VEMS atteint en moyenne 44,4 % des valeurs prédites. Chaque patient a consigné l’augmentation des symptômes quotidiens et le temps passé en activités extérieures pendant une durée médiane de 1 021 jours (intervalle interquartile [IQR] de 631 à 1 576 jours). Une aggravation a été définie par une augmentation de deux symptômes différents pendant plus de deux jours consécutifs.

Au total, 1 052 exacerbations sont survenues pendant la saison froide (de novembre à février), avec 42,5 % et 50,6 % des patients souffrant de symptômes à type de rhinosinusite et de toux respectivement, par rapport à 676 décompensations durant la saison chaude (de mai à août), dont 31,4 % de symptômes des voies aériennes supérieures et 45,4 % de toux, respectivement. La résolution des symptômes est retardée pendant la période hivernale par rapport à la période estivale. La diminution de la durée des activités de plein air pendant l’exacerbation, par rapport à la période précédente est également significativement plus importante pendant la saison froide que pendant la saison chaude. Autre témoin de gravité : 8,4 % des exacerbations survenant l’hiver ont entraîné une hospitalisation, comparativement à 4,6 % des exacerbations estivales.

Exacerbations plus grave de novembre à février

La conclusion s’impose : les exacerbations de BPCO sont plus graves entre novembre et février, ce qui contribue à l’augmentation de la morbidité au cours de l’hiver. L’une des explications tient de la plus grande prévalence des infections virales pendant les périodes froides. Les auteurs de ce papier proposent d’élaborer des plans pour augmenter les capacités d’accueil au niveau hospitalier pendant l’hiver, voire de réfléchir à un service de prévisions conjointes, météorologiques et sanitaires. La prise en compte de cette dimension saisonnière doit également apparaître dans l’analyse des essais cliniques sur la prévention des exacerbations, sous peine d’erreur d’interprétation des résultats.

[Source : Dr Béatrice Jourdain sur Jim.fr, d'après Donaldson C et coll. : Influence of Season on Exacerbation Characteristics in Patients With COPD. Chest 2012; 141 : 94-100]

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